Les citoyens de la Somalie ont exprimé leur droit de vote le jeudi 25 décembre 2025 dans le cadre des élections locales. Une première depuis six décennies.
Les Somaliens retournent aux urnes après 60 ans de privation
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« Je suis très enthousiaste à l'idée de cette élection. C'est quelque chose que je n'ai jamais vu auparavant, depuis que je suis née. Une telle élection se déroule sous mes yeux et je participe à une élection universelle comme celle-ci. En tant que mères, nous sommes ravies parce que nous représentons une partie importante de la population ». C’est en ces termes qu’une citoyenne Somalienne, Farhiyo Mohamed, a renseigné sur les sentiments qui l’animaient peu avant l’exercice de son droit de vote le jeudi 25 décembre 2025 à Mogadiscio. En effet, c’est le premier grand scrutin supervisé par la Commission nationale indépendante pour les élections et les circonscriptions électorales du pays, et jusqu'à 20 partis politiques ont présenté des candidats. « C'est un jour historique. En effet, pendant plus de 50 ans, le peuple Somalien, en particulier les habitants de Mogadiscio, n'a pas eu l'occasion d'exprimer son vote et de choisir ses représentants. Il s'agit véritablement d'une libre expression des droits du peuple à élire et à être élu », se réjouit Mahdi Guled, membre du Parlement.
Depuis 2016, différentes administrations ont promis de réintroduire les élections au suffrage universel, mais l'insécurité et les différends internes entre le gouvernement et l'opposition ont retardé leur mise en œuvre. La Somalie est confrontée à des problèmes de sécurité, le groupe militant al-Shabab, lié à Al-Qaïda, menant souvent des attaques meurtrières dans la capitale. La sécurité dans la capitale s'est intensifiée à l'approche des élections locales. Les analystes estiment que le scrutin de Mogadiscio représente la tentative la plus concrète à ce jour d'éloigner la Somalie de son système de partage du pouvoir basé sur les clans.
Luc Tossou